L'IA comme substitut du vétérinaire : pas (encore) de risque

Chercher en ligne avant d'appeler un professionnel est devenu un réflexe.

© St.kolesnikov-Adobe

Enquête

Selon une enquête menée par Agria auprès de 812 propriétaires de chiens et de chats*, 18 % déclarent déjà recourir à l'intelligence artificielle (IA) pour obtenir des conseils sur la santé de leur animal. Chez les 18-39 ans, ils sont 29 %. « Un usage encore générationnel mais en nette progression. Aujourd'hui, rechercher des informations en ligne avant de consulter un professionnel est devenu un réflexe pour certains », souligne Agria.

Hors santé animale, 48 % des Français utilisent l'IA dans leur quotidien**.

L'immédiateté de la réponse ne remplace pas l'examen clinique et le diagnostic par IA présente de (grosses) limites. « Le principal risque est le retard de prise en charge », insiste Agria. Ainsi, une enquête 2025 de NewsGuard montrait que les systèmes d'IA testés ont produit au moins une information erronée dans 30 % des cas et ont refusé de répondre dans 11 % des situations. Ce manque de fiabilité peut avoir de lourdes conséquences dans le domaine médical.

Heureusement, les propriétaires semblent en être conscients et l'étude met en lumière un paradoxe marquant : si les usages progressent, la prudence reste majoritaire. Près de 7 propriétaires sur 10 se disent préoccupés par l'essor de l'IA dans les soins vétérinaires. La crainte principale concerne la diminution du contact humain et le risque d'évaluations incorrectes.

Outil encadré en clinique

L'IA est aussi utilisée par les vétérinaires et leur permet d'affiner le diagnostic mais pas de le remplacer. De plus, « en cabinet, l'outil est encadré par une formation médicale, un examen physique et une responsabilité professionnelle », insiste Agria.

Du côté des propriétaires, le message révélé par l'enquête est clair selon Agria : « ils acceptent l'innovation mais ils refusent qu'elle remplace la relation de confiance avec leur vétérinaire. En santé animale, l'IA peut être un outil précieux pour mieux décrire des symptômes ou structurer l'information avant une consultation ».

En conclusion et pour l'instant, « la technologie peut accélérer le soin. Elle ne peut pas en devenir le substitut ». M.L.

* Enquête Agria (décembre 2025) auprès 406 propriétaires de chiens et 406 propriétaires de chats.

** Baromètre du numérique 2026 (Crédoc/Arcep/Arcom).

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